Créé le 12/09/2008
Dernière mise à jour: 13/09/2011
Page maintenue par: Honorine Poidi-Gblem © 2008 - Tous Droits Réservés
GƐNGBE
Mascote

Valid XHTML 1.0 Strict


Dénomination


Endoglossonyme : gɛngbè
Autres appellations de la langue ou de l’ethnie dans la littérature :
ge, gebe, gegbe, gɛn, gɛn-gbe, gɛn-mina, guin, mina, mina-gɛn, popo.


Localisation géographique


Le gɛngbe est parlé dans la région côtière du Sud-Est du Togo et du Sud-Ouest du Bénin. Au Togo, son aire géographique s’étend de Lomé à Aného en passant par Glidji, Anfoin, Avévé et Aklakou (carte 12). Au Bénin, l’aire d’extension du gɛngbe couvre les localités de Agouè, Jéta et Comé.


Aire d'extension du gɛngbe

Voir la carte


Langues environnantes


Eʋegbe, fɔngbe, ajagbe, gungbe, plagbe et pedagbe.


Classement linguistique


Niger-Congo, Atlantique-Congo, Volta-Congo, Kwa, Rive gauche, Gbe, gɛngbe.


Variantes dialectales


Le gɛngbe distingue quatre variantes : les parlers d’Aného, de Glidji, d’Agoè auxquels il faut ajouter celui de Lomé qui en est la variante véhiculaire.


Aperçu démographique


Bole-Richard (1983) évalue les locuteurs du gɛngbe (ceux qui l’utilisent comme première ou deuxième langue) à environ 1 500 000 personnes au Togo et au Bénin. Ethnologue (2005) estime les locuteurs natifs du gɛngbe à 200 900 au Togo (données de 1991) et à 158 000 au Bénin (données de 2000). En tenant compte du taux d’accroissement naturel, on peut estimer l’effectif total des locuteurs natifs du gengbe au Togo à 339 500 en 2010.


Situation historique


La terre des Gɛn ou Gɛnyi a été un royaume - le royaume de Glidji - depuis le 17ème siècle, et a connu une succession de 16 rois jusqu'en 1991 (Gayibor, 1995). De nos jours, le peuple gɛn très uni, bien organisé et hiérarchisé, maintient néanmoins sa distinction originelle dans son organisation politique par le fait d'avoir un système à double chefferie : un chef pour la souche Gã de Glidji et un autre pour la souche Fanti d'Aného.
En effet, les locuteurs natifs du gɛngbe sont issus de deux groupes de migrants venus du Ghana l’un après l’autre. Ainsi, les Gen de Glidji sont arrivés du royaume Gã d’Accra d’où ils ont été chassés par des guerres dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Ils ont été secondés par les Mina d’Aného-Agoué, descendants des Fanti d’El Mina. Les deux souches ont aujourd’hui fusionné en un seul peuple.


Situation socio-culturelle


Le peuple Gɛn-Mina est uni autour de sa fête traditionnelle Yɛkɛyɛkɛzã qui marque la fin d'une année et annonce la couleur de la nouvelle année par le rituel Kpesɔsɔ (prise de pierre). Ses activités économiques sont la pêche (par les hommes) et le commerce (par les femmes). Le dynamisme commercial des femmes a fait du gɛngbe une langue commerciale dans les grands centres d’échange économique au Togo. Les Mina pratiquent la religion traditionnelle (Vodou) et le christianisme.


Vitalité ethnolinguistique


Le gɛngbe représente la première langue véhiculaire au Togo. En effet, la variante de Lomé est parlée par de nombreux locuteurs non natifs. Ce privilège rend les locuteurs natifs du gɛngbe réticents quant à l'apprentissage d'une autre langue locale. Ils sont bilingues, les jeunes parlant, en dehors de leur langue, le français et les plus âgés l’anglais ou le fon.