Dénomination
L’appellation migangam dériverait du mot « gangan» qui serait une injure (signifiant « barbare » ou « cafre ») qu’utilisaient les Anufo pour désigner les peuples animistes environnants. Cet exoglossonyme, en dépit de sa connotation très péjorative, est le seul terme permettant, pour l’heure, de désigner la langue et le groupe ethnique dans son ensemble.
Les appellations telles que mijiem (langue des Dye), mikuntualm (langue des habitants de Kuntuare) ou encore mifalm (langue des habitants de Faré) sont très limitatifs, compte tenu du fait qu’ils se réfèrent exclusivement à des parlers propres à des localités spécifiques.
Localisation géographique
Le gangam est une langue du Togo et du Bénin. Au Togo, il est parlé dans la Région des Savanes, dans le sud, l’est et le nord-est de la Préfecture de l’Oti. Quelques villages gangam se trouvent également vers Naboulgou, dans le nord de la Kéran. Les principales localités sont : Gando-Namoni, Mogou, Koumongou, Kountouaré et Tchanaga. D’après les enquêtes de terrain, leur aire d’extension déborderait sur le Ghana voisin.
Aire d'extension du migangam
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Source : D’après Dipo (2009) et les travaux de terrain
Langues environnantes
Anufo, konkomba, lama, gulmancema et ditammari.
Classement linguistique
Niger-Congo, Atlantique-Congo, Volta-Congo, Gur, Gur Central, Oti-Volta, Gurma.
Variantes dialectales
Il existe deux ensembles de parlers, à savoir : les parlers de l’est et les parlers de l’ouest.
Aperçu démographique
Ethnologue (2002) estime le nombre des locuteurs du migangam au Togo à 46.000 et ceux du Bénin à 20.000. En 2010, les personnes parlant le migangam à titre de langue maternelle seraient de 55 600 au Togo.
Situation historique
Les Gangam actuels sont issus de la fusion d’une population présumée autochtone et de plusieurs groupes d’immigrants venus pour la plupart de la région de Fada N’Gourma.
Situation socio-culturelle
Les Gangam sont essentiellement un peuple d’agriculteurs. L’organisation de base est le clan.
La plupart des membres du groupe pratiquent la religion traditionnelle. Les musulmans et les chrétiens, autrefois très minoritaires, deviennent de plus en plus nombreux.
Vitalité ethnolinguistique
Entre eux-mêmes, les Gangam utilisent leur langue dans la vie de tous les jours. Lorsqu’ils sont en contact avec les autres peuples environnants, les Gangam de l’ouest, notamment ceux de Koumongou ont tendance à parler l’anufo, tandis que ceux du nord-est pratiquent comme deuxième langue, soit le moba, soit le gulmancema.